A² : un frère, une sœur, deux danseurs performers

Publié par le 14 mars 2012 dans Archives, Portraits d'artistes | Pas de commentaire

Deux performers depuis l’enfance, deux personnalités solaires. Naissance à Paris, à quatre ans d’intervalle. Une maman inspirante, artiste, théâtreuse. Un apprentissage de la danse classique dans une école adepte de « l’éducation du bâton ». Une créativité inspirée par la danse contemporaine, l’architecture et l’espace urbain. Portrait d’Alice et Adrien Martins, créateurs du projet Spaceater.

Performance au Point Ephémère (10e) le 10 mars et spectacle/performance au CentQuatre (19e) le 22 mars.

// Infos perso

Nom : Compagnie A²
Performers Danseurs Alice Martins, 23 ans (Master Architecture, ENSA Paris Malaquais). Adrien Martins, 19 ans (Junior Ballet Classique, CNSMDP + Bac Pro Secrétariat, Lycée Abbé Grégoire).
Scénographie et graphisme Arianna Annunziata, 24 ans (Master Architecture, ENSA Paris La Villette).
Human Beat Box Markus.
Vidéo Boris Munger.
Production et diffusion Céline Portes, 23 ans.
Titre du projet : « Spaceater »

La création au biberon

Difficile de résumer deux heures d’un entretien aussi riche en un court portrait…
Le « p’tit frère », Adrien et la grande sœur, Alice, créent ensemble depuis l’enfance. « Quand on était petits, on dansait tout le temps ensemble, on s’amusait mais c’était aussi super sérieux. Et la façon dont on collabore aujourd’hui est la même que quand on était petits. » Habitués à voir leur mère artiste se lever de table en s’exclamant « j’ai une idée ! », la création devient pour eux naturelle. « Je regardais Tracks sur Arte à 6 ans, je lisais Mouvement à 11 ans, s’amuse Adrien. On ne savait pas que c’était bizarre, on pensait que c’était normal. »

Alice et Adrien

Adrien devient petit rat de l’Opéra à 12 ans puis « est jeté comme un malpropre » au bout d’un an, après une blessure au pied. Une année éprouvante… Aujourd’hui, il mène de front sa formation en danse au Junior Ballet du Conservatoire de Paris et… un Bac Pro Secrétariat-Comptabilité (eh oui, les conseillers d’orientation ont parfois de drôles d’idées !).

Si Adrien avait, selon les profs, « un corps de classique », ce n’était pas le cas d’Alice. Après une année d’Histoire de l’art, elle s’inscrit en école d’Architecture. Et revoilà la rigueur connue à l’école de danse, les profs qui « écrasent les maquettes » et, surtout, l’absence de temps libre. « Pour moi c’était un traumatisme, je n’avais plus le temps de continuer la danse. » Elle s’enfuit à Rome le temps d’un échange Erasmus, dans une école qui lui laisse enfin « la possibilité de faire le lien entre la danse et l’architecture ». Elle imagine alors un projet d’intervention de danseurs dans une gare.

Cette expérience italienne est une libération pour Alice, mais aussi pour le couple frère-sœur. « A cette période, on s’est fâchés violemment, racontent-ils. C’était la première fois qu’on était séparés. Chacun a pris son chemin artistique. »  Et Adrien passe ainsi du statut de « p’tit frère » à celui de frère. Dans le duo il y a désormais deux créateurs.

Du duo fraternel à l’équipe Spaceater

Leur premier vrai duo programmé, c’était pour le festival organisé par leur mère, Parfums de Lisbonne, à Paris. Ils avaient 14 et 18 ans. Une performance dansée, déjà. Dans la rue, déjà. « La scène, c’est un genre de page blanche, avoue Alice. C’est comme si on m’enlevait toute la nourriture dont j’ai besoin pour manger. L’inspiration me vient plus naturellement dans l’espace public, l’architecte travaille avec le contexte, l’espace. »

Énergiques, leurs performances sont en grande partie improvisées. Lorsqu’ils dansent ensemble, le frère et la sœur se comprennent en un regard, un geste. Pour le projet Spaceater, quatre amis se joignent à eux, un sur scène (le beatboxer Markus) et trois en coulisses (pour la scénographie, la vidéo et la diffusion). Née de « la fusion fraternelle », la compagnie A²  (les A de leurs prénoms) agrandit la famille, histoire de mettre en forme une créativité sans limite.

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