Dashane : duo de graffeurs
Dash et Shane se sont rencontrés il y a à peine quelques mois devant le mur d’expression libre de l’expo événement de la Fondation Cartier, Né dans la rue – Graffiti. En découvrant leurs nombreux points communs – âge (21 et 20 ans), études d’art, style graphique, jusqu’au tag/pseudo aux mêmes sonorités – ils se sont dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire ensemble. Depuis, ils graffent en binôme, et ça donne Dashane.
Parisiens depuis peu, c’est en Bretagne et en Normandie qu’ils ont débuté dans le graff. « J’habitais à Concarneau, raconte Dash. Gamin, je faisais du BMX, j’allais dans les lieux fréquentés par les graffeurs. J’étais impressionné, je trouvais ça grandiose. Je leur posais très souvent des questions. Au bout d’un moment, l’un des graffeurs m’a dit « Y en a marre avec tes questions. Je te donne quatre bombes et tu vas graffer avec moi. » » C’est ainsi qu’il y a trois ans Dash a cessé de regarder pour faire. Il continue maintenant le graff à Paris, où il est arrivé à la rentrée 2009 pour suivre une mise à niveau aux arts appliqués (MANAA) à l’Ecole de Condé.
Shane, quant à lui, n’est pas arrivé au graff par le BMX mais par le dessin. « Je dessine depuis que je suis tout gamin. Ça m’amusait de voir des graffs un peu partout. Ça fait cinq ans que je suis dedans. » Il a quitté sa Normandie natale il y a deux ans pour suivre la formation en graphisme Web de LISAA.
Le style Dashane
Leur travail en binôme se répartit souvent ainsi : Dash au lettrage et Shane aux personnages. Au fil des semaines, leur duo est devenu de plus en plus efficace : « on se combine de mieux en mieux » remarque Dash. Shane a rejoint TB, le crew de graffeurs de Dash, basé en Bretagne. Mais ça veut dire quoi TB ? « On peut trouver plein de significations, mais pour nous c’est « Turbo Bouffon », avouent-ils en rigolant. On ne se prenait vraiment pas au sérieux. » À voir les fresques qu’ils réalisent ensemble, on se dit que si le nom n’est pas sérieux le travail, lui, l’est.
L’inspiration, ils la puisent dans les graffs qu’ils croisent dans la rue, tout en gardant leur propre style, parce que « si on s’en inspire trop, c’est très mal vu ». Malgré leur passion commune pour le graff, leur culture artistique diffère : la peinture classique (Le Caravage, Monet…) pour Shane, les comics américains pour Dash.
Mettre la rue dans l’espace Pierre Cardin
Dash et Shane graffent régulièrement en extérieur, sur les murs d’expression libre de Paris et la proche banlieue. Au début de leur rencontre, ils se sont inscrits au festival ICI&DEMAIN. Ils ont alors préparé une expo en intérieur, leur première, avec du graff sur toile mais aussi sur papier et matériel de récup’ (planches, meubles…). Leur but : « mettre la rue dans l’espace Pierre Cardin ». C’est ce projet qui a scellé leur rencontre : « sans cette expo-là on n’aurait pas forcément peint plus que ça ensemble. »
Une expo dont ils sont fiers, même si le graff dans la rue les emballe plus. « Sur la toile on ne peut pas se lâcher. Le mouvement avec la bombe est vachement restreint. » Après l’expo ils iront donc « prendre l’air » pour tâter à nouveau du mur.
Le 18 mars, lors de la Nuit de la création étudiante à l’Espace Pierre Cardin, ils ont réalisé une fresque en live. Pas avec les bombes, histoire de ne pas intoxiquer le public, mais au marqueur et à la peinture. « En espérant qu’on nous lancera des petites culottes et des soutiens-gorges… », nous disait le très blagueur Shane. De culottes il n’y a pas eu mais un public attentif et au final une fresque réussie.
À la fin de l’année, Dash tentera des écoles, notamment la section Animation des Gobelins, et Shane « voler[a] de [ses] propres ailes. » Quand on leur demande ce qu’ils aimeraient faire « quand ils seront grands », les idées fusent : « strip-teaseuse, cosmonaute, tatoueur, graphiste pour une agence… ». Les deux dernières nous paraissent les plus plausibles…
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