Lyes prend le temps de mettre des cercles dans des carrés
Après une tentative d’études de communication, pas assez créatives à son goût, Lyes a postulé à l’ENSAD afin de pouvoir créer des œuvres décalées, empreintes de technologie et d’appel à la contemplation. Portrait.
Dans le cadre du Festival ICI&DEMAIN, Lyes expose « Cercles » à la Galerie du CROUS de Paris du 14 au 25 mars 2012.
// Infos perso
Nom : Lyes
Age : 24 ans
Etudes : M1 Art Espace, ENSAD
A connu le Festival ICI&DEMAIN : grâce à Jérémy Gobé >>
Qui est Lyes ?
Quand Lyes arrive, la première question que l’on peut se poser est « mais comment est-ce qu’il lit l’heure ? », parce que oui, de prime abord, la montre aimantée de bon geek ne parait pas simple… Cette image geek, il en joue, tant dans son passionnant job étudiant de réalisateur de documentaires pour un marchand d’art que dans sa vie de tous les jours (après tout, son coiffeur croit qu’il est ingénieur !). Mais, plus qu’une image, cela révèle aussi un grand intérêt pour une forme d’art qu’on pourrait qualifier de « scientifique ». Les œuvres de Lyes mêlent toujours art, contemplation et technicité. Que l’on parle d’aiguilles d’horloge décalées pour former une courbe sinusoïdale ou de cercles tracés grâce au magnétisme…

Contempler le temps
Après avoir tenté une première année en « Photo / Vidéo » à l’ENSAD, il se réoriente vers la formation « Art Espace ». Là, ses professeurs lui font comprendre que ses vidéos et projections sont intéressantes mais qu’aller réellement dans l’espace, créer en 3D serait aussi intéressant. Grâce au soutien des profs et aux ateliers de l’école, il a pu tester de nouvelles techniques et créer de nouvelles œuvres.
Parmi celles qui seront exposées, « 1/60 » montre une horloge, projetée sur un mur, dont l’aiguille unique se fragmente en 60 morceaux qui battent le temps en 60 secondes et qui reforment une aiguille unique à chaque nouvelle minute. « 1 sur 60 » est typique de l’œuvre de Lyes : l’horloge a été créée en images de synthèse et son seul but est de la contempler pour prendre conscience du temps qui passe et, surtout, pour simplement prendre le temps de voir. « Je trouve qu’on a une conscience du temps qui est très ponctuelle, en fuite continue, qui nous échappe. Cette œuvre, comme l’autre horloge qui sera exposée à la Galerie, essaie d’étirer cet intervalle de conscience du temps. »
Autre œuvre notable, une table en bois peinte en blanc, sur laquelle repose du talc. Un rond gris, de plus en plus gris se forme. C’est « O», œuvre mécanique qui fonctionne grâce à de la limaille de fer et un aimant qui tourne au sein de la structure pour faire bouger les particules de fer, les faire ressortir de l’épaisseur de talc,créer un cercle presque noir, circonscrit dans le carré de la table. « C’est un rond dans le carré. Le carré pour moi, ça symbolise vraiment la terre et le cercle serait plutôt le symbole de la perfection, de quelque chose de divin, de transcendantal. Selon plusieurs cultures, comme la culture bouddhiste, le cercle dans le carré serait symbole du désir d’élévation de l’esprit. »
Lyes vit ses œuvres comme des objets méditatifs, faits pour que le spectateur perde la notion du temps.
Si vous avez envie de prendre le temps de contempler ces œuvres et d’autres, techniquement complexes, visuellement simples et surtout hypnotiques, rendez-vous à la Galerie du CROUS de Paris du 14 au 25 mars !


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