Cinéma indépendant fondé en 1971 par Roger Diamantis et situé en plein quartier latin, le Saint-André des Arts est une véritable institution parisienne du cinéma d’art et d’essais (labels: “arts et essais” et “Europa film”). 

UN CINÉMA INDISSOCIABLE DE SON FONDATEUR, ROGER DIAMANTIS

Roger Diamantis naît à Paris en 1934, de parents grecs. Son père et sa mère furent coiffeurs, avant d’ouvrir le restaurant « Les Balkans », rue de la Harpe. Grand cinéphile, et ce malgré un début de carrière dans la restauration (il a crée le restaurant « Les Brochettes », rue de la Harpe), ce n’est qu’à l’âge de 37 ans qu’il réussira à réaliser son rêve :  « montrer » des films dans un lieu qui lui appartient… Il achète alors un hôtel rue Saint-André des Arts et y aménage deux salles de cinéma, où il projette des films qui lui tiennent à cœur. Son premier fait d’armes à l’ouverture du cinéma, le 27 octobre 1971, fut de laisser à l’affiche « La Salamandre »  d’Alain Tanner, qu’aucune salle ne voulait accueillir, pendant deux ans. Ce fut un succès : le film comptabilisa 300 000 entrées. « L’Empire des sens », de Nagisa Oshima, fera quant à lui 10 000 entrées en moins de 15 jours… Son second fait d’armes fut de projeter des films de réalisateurs inconnus, boudés par les distributeurs et le grand public (Jean-Luc Godard et Marcel Hanoun), aux séances de Midi et Minuit, horaires non conventionnels.

En véritable « éditeur d’art cinématographique », il fut le premier à projeter et à présenter, souvent en exclusivité dans ses salles, les œuvres de cinéastes tels que: Emir KUSTURICA, Théo ANGELOPOULOS, Alain TANNER, Barbara LODEN, Alain CAVALIER, Aki KAURISMAKI, Wim WENDERS, Jim JARMUSH, Leos CARAX, Jean EUSTACHE et bien d’autres…

Ce passionné savait repérer les talents, les tendances les plus avant-gardistes du cinéma international. Ses salles sont à considérer comme une sorte de cinémathèque moderniste pour films d’auteurs, où plusieurs générations sont venues assister à la projection de films indépendants.

LES FILMS D’ART ET ESSAI, AU CENTRE D’UNE CERTAINE IDÉE DU CINÉMA

Profondément indépendant, il a participé plus qu’aucun autre au développement du cinéma d’Art et Essai, menacé par la multiplication des grands circuits et des « super-multiplexes ». Il a été amené très souvent à faire appel au médiateur pour avoir le droit de diffuser les films des auteurs qu’il avait révélés quelques années auparavant. Il constatait à juste titre : «Dans les années 1950-60, nos salles attiraient en grand nombre les spectateurs qui avaient le goût de l’art et essai. Maintenant, beaucoup ont le goût de l’art, mais peu ont gardé le goût de l’essai…».

Jusqu’au bout il aura refusé dans ses salles la publicité, les cartes d’accès illimité – véritables symboles de la « cinéphagie » – à laquelle poussent les grands circuits de distribution, pour privilégier le développement d’une certaine cinéphilie, qui veut se démarquer de la pensée unique.

Les salles du Saint-André se veulent plus que jamais indépendantes, et ce malgré la disparition de Roger Diamantis en juin 2010. Une nouvelle équipe a repris le flambeau et continue aujourd’hui de soutenir les films d’auteurs, que l’équipe dynamique du cinéma tâche de mettre en valeur en proposant au public des rencontres et des débats toujours plus variés sur les thèmes abordés par les films projetés.

cinesaintandre.fr


Dans le cadre d’ICI&DEMAIN, le Saint-André des Arts projettera la sélection courts métrages de la 12e édition du festival