Tupercut’ : aux rythmes du corps

Publié par le 14 mars 2010 dans Archives | Pas de commentaire

Le collectif Tupercut’, constitué de 9 danseurs-percussionnistes, est spécialisé dans les percussions corporelles. Le spectacle « Tu dérailles » s’inspire de l’univers des gares et des trains, univers qu’ils connaissent bien puisqu’ils répètent tous les mardis dans la gare de Lyon. Entre danse et musique, le spectacle fait bouger le corps des percussionnistes mais aussi celui des spectateurs.

Neuf corps qui percutent

Tupercut’ existe depuis mars 2009. Cécile est à l’origine de ce groupe de percussions corporelles. Animatrice musique pour les enfants, mais aussi musicienne, elle utilise les percussions corporelles dans son travail, pour « apprendre aux enfants à découvrir la musique, la rythmique. » « On faisait ça dans les colos. J’ai appris plusieurs rythmes par le bouche à oreille, et aussi par un intervenant en body percussions dans un centre de loisirs où je travaillais. » Petit à petit, lui vient l’idée de monter un groupe. Elle rassemble ainsi des gens intéressés par le body rythme. « Des collègues de travail, des amis d’amis, des gens croisés dans des squats… se sont greffés à nous. On était une quinzaine au départ, maintenant il y a un noyau dur de 9 personnes. »

La plupart d’entre eux sont étudiants, souvent dans des disciplines artistiques (études corporelle, cinéma, musique…) et tous sont musiciens par ailleurs (Cécile est percussionniste, quatre d’entre eux sont batteurs, il y a aussi une violoncelliste). Certains font aussi de la danse, rien d’étonnant à cela puisque les percussions corporelles nécessitent un travail chorégraphique. « On emmène beaucoup de mouvements dans le spectacle. On joue à la fois sur le son et sur les déplacements, c’est très visuel. »

Le corps comme instrument

Les perscussions corporelles, « c’est l’utilisation de son corps en le faisant sonner, en « se tapant dessus ». On utilise les claps de mains, les pieds… » Le corps se fait alors instrument de musique et donne le rythme. Une displine très accessible et ludique (« tout le monde peut en faire »), représentée par le groupe de danse brésilien Barbatuques. Le grand public connaît mieux la compagnie Stomp, qui utilise le corps mais aussi et surtout les percussions sur objets de la vie quotidienne. « En France, il y n’y en a pas beaucoup ». Cheikh Sall à Paris, la compagnie Onstap à Avignon, Les Rythmopathes à Bordeaux…

Les Tupercut’ ont appris des mouvements en s’échangeant ceux qu’ils connaissaient. « Il y en a aussi pas mal qu’on crée nous-mêmes. » Des mouvements que le public peut expérimenter : « pendant le spectacle, on fait une initiation de 10 à 15 minutes. » Généralement très réceptifs, les spectateurs participent volontiers à ce mini-atelier : « ça se déclenche tout de suite parce qu’ils ont envie d’essayer. »

Quand on fait des percussions corporelles, le sol importe beaucoup. « Si le terrain est trop dur, c’est un peu difficile pour taper. Le mieux, c’est sur des sols de danse, des parquets ou des scènes de théâtre. » Difficile alors de trouver un lieu de répétition adapté. Le collectif répète pour l’instant deux fois par semaine, à la gare de Lyon et dans une salle du 13e arrondissement. Dans la gare, ils côtoient les groupes de hip hop qui répètent eux aussi, et les voyageurs : « les gens sont curieux, ils regardent, ils ne comprennent pas vraiment ce qu’on fait. »

Tu dérailles : dans le train de Tupercut’

Le spectacle Tu dérailles est né de ce lieu de répétition ferroviaire. Le train en est le fil conducteur : « ça se passe dans une gare, il y a un train qui arrive, Sara loupe son train à chaque fois, c’est comme ça qu’elle rencontre le groupe Tupercut’ dans la gare de Lyon. » La création du spectacle s’est faite en commun : « c’est une conception de travail collectif, tout le monde participe, tout le monde donne son avis. »

Ce week-end (NDR : 13 et 14 mars 2010), ils se produisent en extérieur à la Cité Internationale. Ils craignent leurs deux ennemis : le vent et le froid. « On a un peu peur pour le vent parce que le son s’échappe. Et taper dans le froid ça fait très mal… On fera des tours de stade pour se réchauffer ! » Samedi, le froid n’a pourtant pas entamé leur punch. Énergiques, à l’aise avec le public, ils ne laissent pas passer la moindre goutte d’ennui pendant ces 30 minutes de show qui mêle musique, danse et théâtre.

Tupercut’ participera certainement à la Fête de la musique. En attendant, vous pouvez aller les rencontrer tous les mardis de 20h à 22h, dans la salle Méditerranée (sous les voies) de la gare de Lyon.

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